T. rex : le mystère de son origine
Le T-Rex est un animal fascinant, non seulement par sa taille, mais parce que son origine demeure un mystère total pour la théorie de l'évolution
BIOLOGIE GENETIQUE
Thierry Gresin, rédacteur Bible et Science ... >
Le Tyrannosaurus rex, souvent appelé T. rex, est sans doute le dinosaure carnivore le plus fascinant et le plus célèbre de tous les temps. Avec ses 12 mètres de long, sa mâchoire redoutable et ses 10 tonnes, il représente l’archétype du prédateur. Pourtant, derrière cette figure emblématique de la paléontologie se cache une question fondamentale : d’où vient réellement le Tyrannosaurus rex ?21 Mai 2026 - 4 

Le Tyrannosaurus rex fait partie d’une famille de dinosaures théropodes, les tyrannosauridés, un terme qui signifie « lézards tyrans » et dans laquelle on retrouve également le Tarbosaurus ou le Zhuchengtyrannus d’Asie.
Les T. rex ne sont connus que par les dizaines de fossiles plus ou moins complets qui ont été retrouvés, pour la plupart, dans les formations rocheuses de l’ouest de l’Amérique du Nord. Les fossiles sont d’anciennes formes de vie que l’on retrouve pétrifiées dans les roches sédimentaires qui, elles, se présentent sous la forme de strates. Selon la théorie évolutionniste, les strates sédimentaires sont interprétées comme des « couches » correspondant à des « périodes » de dépôt de ces strates. Les fossiles que l’on retrouve à l’intérieur d’une « strate » sont donc considérés comme étant représentatifs des animaux et des végétaux existant à cette « période ».
Les fossiles de T. rex sont retrouvés dans des couches sédimentaires correspondant à une « période » qu’on appelle le Crétacé supérieur et à « l’étage » du Maastrichtien (12
ème et dernier étage du Crétacé, entre 72 et 66 millions d’années). Les T. rex auraient ainsi vécu il y a environ 68 à 66 millions d’années.
Tyrannosaurus mcraeensisEn 2024, une étude publiée dans la revue Scientific Reports (1) et dirigée notamment par le paléontologue Sebastian G. Dalman, a proposé l’existence d’une nouvelle espèce de Tyrannosaurus appelée
Tyrannosaurus mcraeensis. Cette recherche s’appuie sur le réexamen d’ossements fossiles découverts au Nouveau-Mexique, aux États-Unis, dans les années 1980, et initialement attribués à un Tyrannosaurus rex.
Les fossiles étudiés comprennent surtout des fragments de crâne et de mâchoire. En comparant minutieusement la forme des os, les chercheurs ont remarqué plusieurs différences anatomiques avec le célèbre Tyrannosaurus rex. Certaines parties du crâne présentent par exemple des proportions et des reliefs osseux légèrement différents. Les auteurs reconnaissent que ces différences sont particulièrement « subtiles » (1) mais ils considèrent néanmoins qu’elles sont suffisantes pour indiquer qu’il s’agirait d’une espèce distincte plutôt que d’une simple variation individuelle.
Le modèle évolutionniste et les origines du T. rexPourtant, malgré les nombreuses découvertes de fossiles, l’origine exacte du Tyrannosaurus rex demeure incertaine. Fait remarquable, les auteurs eux-mêmes de l’étude sur Tyrannosaurus mcraeensis reconnaissent cette difficulté dès l’introduction de leur article : « Les origines de la lignée des Tyrannosaures sont inconnues. Le Tyrannosaurus rex apparaît soudainement à la fin du Maastrichtien. » (1)
Dans l’interprétation évolutionniste, au fur et à mesure où nous descendons verticalement dans les strates sédimentaires, nous remontons dans le temps. On s’attendrait donc à retrouver dans les strates sous-jacentes les fossiles des ancêtres du T. rex, des dinosaures ressemblants mais légèrement différents.
En effet, selon Charles Darwin, « La sélection naturelle n'agit qu'en accumulant des variations légères, successives et favorables, elle ne peut pas produire de modifications considérables ou subites ; elle ne peut agir qu’à pas lents et courts… Natura non facit saltum (2). » (3)
Or ce n’est pas ce que nous observons dans le registre fossile, le T. rex apparaît soudainement dans les strates. Aucun lien générationnel ne peut être fait avec des formes de vie sous-jacentes.
La discontinuité des formes fossilesMais cette constatation ne devrait pas nous étonner car elle correspond parfaitement à une caractéristique générale de l’ensemble du registre fossile qui apparaît systématiquement de façon
discontinue. Cela signifie qu’il existe de nombreux fossiles de types d’animaux ou de plantes bien distincts mais aucune forme transitionnelle entre eux. Le registre fossile ne présente pas le continuum de formes de vie auquel on s’attendrait si le gradualisme de Charles Darwin (c’est-à-dire le transformisme des espèces par accumulation de petites variations successives au cours de millions d’années) avait une quelconque réalité.
Michael Denton, auteur du livre, Évolution : une théorie en crise, l’exprime ainsi : « L’absence presque totale de formes intermédiaires et ancestrales dans les gisements fossiles est aujourd'hui largement reconnue comme l'une de leurs caractéristiques les plus frappantes par beaucoup de paléontologues éminents. » (4)
Nous pouvons citer à titre d’exemple le célèbre paléontologue évolutionniste Stephen Jay Gould qui le reconnaît en ces termes : « L’extrême rareté des formes transitionnelles dans le registre fossile demeure le secret bien gardé de la paléontologie. Les arbres évolutifs qui ornent nos manuels scolaires ne contiennent de données qu'aux extrémités et aux nœuds de leurs branches ; le reste relève de l'inférence, aussi raisonnable soit-elle, et non de la preuve apportée par les fossiles. » (5)
On peut donc légitimement se demander sur quelle preuve scientifique s’appuient les auteurs de l’article sur l’étude de Tyrannosaurus mcraeensis pour néanmoins affirmer que « les tyrannosauridés (…) sont issus d'ancêtres de petite taille ayant évolué au Crétacé moyen, ils devinrent des superprédateurs au Crétacé terminal, et virent finalement l'apparition du Tyrannosaurus rex. » (1) ? Ces auteurs déclarent de façon contradictoire que l’origine du T. rex est inconnue car il apparaît soudainement dans le registre fossile, mais qu’il est néanmoins le descendant d’ancêtres de petite taille du Crétacé moyen et de superprédateurs du Crétacé terminal. Seule une adhésion préalable au dogme évolutionniste permet d’affirmer cela, et non une étude précise de ce que nous fournit le registre fossile.
Le paléontologue évolutionniste Steven Stanley, reconnaît également que les fossés entre les types et l’absence des formes de transition sont tellement évidents que « nous devrions nous demander si la doctrine de l'évolution n'est pas autre chose qu'une hypothèse excessive. » (6) C’est-à-dire qu’au regard du registre fossile, le concept même de l’évolution, le transformisme des espèces, ne devrait même pas être envisagé comme une hypothèse scientifique.
La « science historique » n’a pas la même autorité que la « science expérimentale ». Elle se contente de mettre en relation des faisceaux d’indices pour formuler des hypothèses qui restent indémontrables. C’est pourquoi la connaissance scientifique atteint ses limites pour déterminer de façon objective l’origine du T. rex.
Le modèle typologique et l’origine du T. rexDe son côté, le récit de la Genèse nous dit des T. rex qu’ils ont été créés au 6ème jour de la création par le moyen de la parole de Dieu : « Dieu dit : que la terre fasse sortir… des reptiles… selon leur espèce. Et cela fut ainsi. Dieu fit… tous les reptiles de la Terre selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. » (Gn 1.24-25) Les différents reptiles furent ainsi créés selon leur type, selon leur sorte, dont les tyrannosauridés font partie.
Le modèle typologique est un modèle scientifique d’interprétation du monde vivant auquel adhérait la majorité des biologistes au 19
ème siècle, en opposition au transformisme. D’après ce modèle, le monde vivant se présente selon des « types » d’êtres vivants bien différenciés et les différents individus d’un « type » particulier sont des variations d’un thème commun, d’un modèle sous-jacent qui, lui, est invariant et immuable. « La typologie reconnaît l’existence de la variation biologique, mais lui dénie tout caractère radical ou directionnel. Un point fondamental de cette théorie est que la variation n’est jamais inter-type, comme le requiert l’évolution : elle est toujours conservatrice et limitée, toujours intra-type. » (7)
Ainsi, le type des tyrannosauridés fut créé avec un potentiel génétique de variations permettant d’obtenir des individus plus grands, plus petits, avec des crêtes crâniennes ou non… tel que l’Albertosaurus, le Tarbosaurus, le Teratophoneus… ou le T. rex ! Chaque type fut créé avec un potentiel de modifications limitées (et non fondamentales), tout comme nous retrouvons des variations au sein du type des canidés ou des équidés.
Dieu créa le potentiel d’une grande diversité au sein de types bien différenciés et séparés, des formes de vies
discontinues, « chacun selon sa sorte » (Gn 1.24), conformément à ce que nous observons du monde vivant aujourd’hui et ce que nous observons dans le registre fossile.
Le déluge et les fossiles de T. rexMais alors comment se fait-il que les T. rex apparaissent si soudainement dans les strates et en disparaissent ensuite ?
Lors du déluge de la Genèse « les eaux grossirent de plus en plus, et toutes les hautes montagnes qui sont sous le ciel entier furent couvertes… Tous les êtres qui étaient sur la face de la terre furent exterminés, depuis l’homme jusqu’au bétail, aux reptiles et aux oiseaux du ciel. Il ne resta que Noé, et ce qui était avec lui dans l’arche. » (Gn 7.19,23) En effet, les bouleversements cataclysmiques du déluge et de la montée des eaux emportèrent et ensevelirent dans d’immenses torrents de coulées de boues des millions d’êtres vivants qui devinrent des fossiles, des formes de vies pétrifiées au sein des roches sédimentaires solidifiées après que les eaux se furent retirées et que le sol ait séché. Les T. rex ont été ensevelis comme les autres dans ces roches stratifiées.
Dans l’interprétation diluvienne des dépôts stratifiés, la position et la répartition des fossiles dans la colonne stratigraphique peut être due à l'ordre chronologique de leur dépôt, mais également à l'origine géographique des sédiments ou à l'origine écologique des espèces qu'ils représentent. En d’autres termes, la position des fossiles de dinosaures dans ces strates sédimentaires du Crétacé ne serait
pas due à la « période » de dépôt de strates au cours de millions d’années d’histoire de la Terre mais serait due au milieu de vie écologique de ces énormes reptiles, lorsque le déluge arriva sur la Terre. « Vivant dans les zones marécageuses des côtes antédiluviennes ou un peu plus haut, ces énormes animaux, capables de nager occasionnellement, ont définitivement disparu lorsque les eaux ont atteint et submergé la zone écologique où ils pouvaient vivre à l’exclusion de toute autre, leur masse et leur morphologie leur interdisant probablement la survie dans une région d’altitude différente. » (8) L’interprétation fondée sur les zones écologiques rend tout aussi bien compte, sinon mieux, des faits paléontologiques constatés.
ConclusionAinsi, l’apparition soudaine du Tyrannosaurus rex dans le registre fossile demeure une question importante pour la paléontologie.
Alors que le modèle évolutionniste suppose une longue succession d’ancêtres, les fossiles connus ne montrent pas clairement cette transition. D’autres modèles d’interprétation, comme le modèle typologique et l’interprétation diluvienne des dépôts fossilifères, proposent une lecture différente de ces données et suggèrent une origine bien plus récente que les 68 millions d’années que supposent les scientifiques évolutionnistes.
Dans ce même contexte, certaines découvertes récentes confortent à nouveau l’origine récente du T. rex : Des structures organiques remarquablement préservées - vaisseaux sanguins flexibles, structures cellulaires et protéines comme le collagène - ont été découverts dans un fossile de T. rex (9) puis dans d’autres fossiles de dinosaures, ainsi que des analyses qui ont rapporté la présence de signaux mesurables de radiocarbone (C-14) dans des échantillons fossiles de dinosaures contenant des restes organiques (10).
L’étude du Tyrannosaurus rex rappelle ainsi que les fossiles ne parlent jamais d’eux-mêmes : leur signification dépend toujours du cadre interprétatif dans lequel on les analyse.
NOTES - COMMENTAIRESources
Credit photo : Jeff Whyte - stock.adobe.com
Bryan Thomas, T. rex Out of Nowhere
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T. rex Out of Nowhere (en anglais)
1. Dalman, S. G. et al. 2024. A giant tyrannosaur from the Campanian–Maastrichtian of southern North America and the evolution of tyrannosaurid gigantism. Scientific Reports. 13 : 22124.
2. « natura non facit saltum » signifie : « la nature ne fait pas de saut »
3. Charles Darwin, L’origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la lutte pour l’existence dans la nature, trad. Edmond Barbier, éd. C. Reinwald & Cie, Paris, (1859) 1876, p.555
4. Michael Denton, Évolution, une théorie en crise, éd. Flammarion, (1985) 1992, p.172
5. Stephen Jay Gould, The Panda’s Thumb :More reflections in Natural History, New York : W.W. Norton, 1980, p.181
6. Steven Stanley, Macroevolution, W. H. Freeman and Co, San Francisco, 1979, p.2
7. Michael Denton, op. cit., p.103
8. Jean Flori & Henri Rasolofomasoandro, Évolution ou Création, éd. Sdt, 1974, p.265
9.Mary H. Schweitzer, Jennifer L. Wittmeyer, John R. Horner & Jan K. Toporski, Soft-tissue vessels and cellular preservation in Tyrannosaurus Rex, Science, vol. 307, n° 5717, mars 2005.
10. Brian Daniel Thomas, Thèse : Collagen remnants in ancient bone, University of Liverpool, Octobre 2018